Appel à communication - Recherche en éducation et pratique: Construire le dialogue

Dans le domaine de l’éducation, la recherche et la pratique ont souvent entretenu une relation tumultueuse (Enthoven, Dupriez & Letor, 2015). Chacune possède ses codes de références, ses acteurs phares, sa culture et son mode de fonctionnement. Cette (im)perméabilité tend à créer, entre les acteurs concernés, un fossé issu d’une méconnaissance mutuelle. Si certaines initiatives (comme des recherches collaboratives, des colloques communs, des associations ou des partenariats) parviennent à réunir des acteurs issus de chaque champ, d’importantes difficultés de communication persistent. D’une part, le processus de diffusion et d’appropriation des résultats scientifiques aux acteurs de terrain, praticiens comme politiques, est souvent complexe. Les chercheurs déplorent que la pratique éducative ne se nourrisse pas nécessairement des derniers travaux scientifiques, s’appuie sur d’autres représentations sur lesquels elle fonde ses actions ou traduise avec difficultés des résultats dans des réformes politiques. De leur côté, les enseignants peinent à obtenir, dans les articles de recherche, des réponses concrètes et applicables à leurs situations de classe. Les politiques, quant à eux, ne trouvent pas, dans de nombreuses recherches fondamentales, les indicateurs ou recommandations pour développer une vision proactive ou évaluer l’efficacité de leurs décisions. D’autre part, si les orientations et décisions politiques affectent les objets comme les conditions de recherche, les pratiques développées par les acteurs dans les classes ne s’avèrent pas nécessairement la priorité des chercheurs en éducation. En témoigne le statut de la « classe inversée » : popularisée en 2008, elle est aujourd’hui de plus en plus adoptée par les enseignants et même promue dans le Pacte d’excellence de la Fédération Wallonie-Bruxelles alors que les effets de cette approche ont peu été documentés.

Ainsi, la pratique et la recherche en éducation ont évolué en tenant compte de considérations communes, mais surtout d’impératifs propres. La première a dû répondre aux exigences des réformes et décrets, tout en défendant le statut de ses différents acteurs. La seconde a de plus en plus tenté de répondre à des problématiques sociétales tout en se battant pour sa reconnaissance dans le monde universitaire.

Pour dépasser cet état de fait, la journée d’étude ABC-EDUC 2018 vise à établir les bases d’un dialogue entre les préoccupations du monde de la recherche et celles de la pratique. En réunissant des chercheurs en éducation, des praticiens – enseignants, directeurs d’écoles, éducateurs, inspecteurs, conseillers pédagogiques, membres des réseaux, etc. – ainsi que des instances politiques, elle poursuit un double objectif : d’une part, réaliser un état des lieux des travaux de recherche au service des pratiques ainsi que des pratiques pouvant devenir de nouveaux objets de recherche ; d’autre part, développer de nouvelles synergies entre les acteurs pour favoriser un dialogue entre recherche et pratique. Dans ce cadre, la journée d’étude accueille à la fois des communications théoriques, qui réfléchissent aux tenants et aboutissants de liens entre recherche et pratique ainsi que des communications empiriques témoignant de recherches scientifiques au service de la pratique ou de retours d’expériences proposés par des acteurs de terrain.

Formats des contributions

Les contributions sont proposées sous la forme d’un résumé de 2500 à 3500 signes (espaces compris) et peuvent se décliner en trois format :

  • Format “Je présente ma recherche”. Les contributions comprennent les parties suivantes : introduction, problématique, questions/hypothèses, synthèse de littérature, méthodologie, résultats, discussion, perspectives.
  • Format “Je présente ma pratique”. Les contributions comprennent les parties suivantes :  contexte, problématique, origine et caractéristiques de la pratique/du dispositif mis oeuvre, résultats de l’évaluation du dispositif, bilan critique et perspectives d’apport pour la pratique.
  • Format “Je présente mon innovation”. Les contributions comprennent les parties suivantes :  contexte, problématique, origine et caractéristiques de l’innovation mise oeuvre, réflexion sur le caractère innovant, perspectives d’apport pour la recherche.

Les contributions seront présentées au sein d’ateliers d’échanges : chaque contribution aura une durée de 10 minutes, sera discutée avec l’ensemble du groupe et amènera à des questions plus générales en matière de collaboration entre recherche et pratique.

  • Les contributions comporteront :
  • Le titre de la contribution
  • Le nom et les coordonnées du ou des auteur(s) 

  • 3 mots-clés 

  • L’axe auquel la contribution se rattache
  • Le format auquel la communication se rattache
  • Un résumé (2500 à 3500 signes espaces compris) reprenant le canevas de la catégorie.

 

Date limite de dépôt: le 10 janvier 2018.

 

   

Quatre axes de communication

Axe 1 « Des recherches mobilisables par les pratiques » – Cet axe permettra de faire découvrir aux praticiens des travaux de recherche dont les résultats peuvent alimenter et guider leurs actions. Il s’agira de recherches collaboratives – menées « avec » des praticiens plutôt que « sur » des praticiens (Lieberman, 1986) –, de travaux élaborés à partir de problématiques de terrain, de recherche appliquées ainsi que de recherches visant à produire des outils, proposer des ingénieries, mettre en place une innovation pédagogique, des repères pour l’action (AECSE, 2001).

Axe 2 « Des pratiques mobilisables par les recherches » – Cet axe donnera l’occasion d’observer les savoirs d’expérience en proposant à des praticiens de présenter des retours d’expériences d’innovations pédagogiques qui font ou peuvent faire l’objet d’une problématisation. Comme le soulignent Lacroix et Potvin (2009), pour que les pratiques innovantes deviennent des pratiques « exemplaires », il faut y associer un processus de recherche et d’évaluation. De facto, cet axe visera à créer un échange entre praticiens et chercheurs afin de faire émerger de nouveaux objets de recherche.

Axe 3 « Des relations entre recherche et politique » – Les communications de cet axe porteront sur les relations entre le champ politique et celui de la recherche en éducation. Il s’agira, d’une part, d’interroger la posture du chercheur au regard des notions de service public, de légitimité et de décision politique » (Aubert-Lotarski et al., 2007, p. 121) lorsque ce dernier répond à une commande politique ainsi que lorsqu’il met en évidence les impacts positifs et négatifs des décisions politiques. D’autre part, il s’agira d’étudier la manière dont les décrets et autres réformes impactent la genèse des travaux de recherche, les objets, voire les approches méthodologiques.

Axe 4 « Des méthodes pour des recherches mobilisables par les pratiques » – Cet axe explorera les différentes méthodes permettant d’assurer un transfert de la recherche à la pratique. Il s’agira de traiter de questions d’évaluation, de généralisation des travaux réalisés à des niveaux micro, de l’objectivation du savoir, de développement d’un protocole de recherche spécifique – telle que l’approche orientée par la conception –, du transfert de connaissances ainsi que des approches méthodologiques mixtes.

 

 

 

Personnes connectées : 1